Manifestation contre les signes religieux à l'école




Discours de Nadia Geerts :
"Parce que l’école n’est pas un lieu de culte ;
Parce que nous ne pouvons ignorer les cris d’alarme de nombreux enseignants et chefs d’établissements confrontés à l’immixtion du religieux dans la sphère scolaire ;
Parce que la prétendue liberté de choix n’est pas l’alpha et l’oméga du vivre ensemble ;
Parce que derrière le voile se profile trop souvent une contestation de la mixité et de l’égalité ;
Parce que les signes convictionnels fragmentent le corps social et nuisent à la sérénité des apprentissages ;
Parce que le décret neutralité est incompatible, dans son principe, avec l’affichage ostensible par les enseignants de leurs convictions religieuses ;
Parce qu’à l’école au moins, filles et garçons doivent être considérés comme égaux ;
Parce que le voile fait reposer sur la fille seule la charge de prouver qu’elle est respectable, et encore : sous condition ;
Parce qu’il est temps que nos écoles retrouvent la sérénité, après tant de rentrées scolaires perturbées ;
Parce que ce n’est pas aux chefs d’établissement de déterminer la place du religieux à l’école, mais aux ministres compétents ;
Parce que la revendication du droit de porter le voile partout et à tout âge est une revendication fondamentaliste qui met en cause les principes fondateurs de notre Etat de droit ;
Parce que si des élèves et des enseignants se mettaient à porter massivement un grand crucifix sur la poitrine, je gage qu’il ne faudrait pas vingt ans pour légiférer ;
Parce que le voile n’est pas un simple « bout de tissu » - sinon, nulle ne se battrait pour pouvoir le porter partout ;
Parce que l’interdiction est la seule manière de protéger celles qui sont contraintes de porter le voile ;
Parce que l’école est un lieu d’éducation et de sens ;
Parce qu’il est temps d’éduquer les garçons à respecter les filles, et non les filles à être respectables ;
Parce que si chacun se mettait à arborer les signes extérieurs de ses convictions, politiques, philosophiques ou religieuses, l’école deviendrait rapidement un champ de bataille ;
Parce qu’il est temps de dire STOP au fondamentalisme agissant ;
Parce que, comme le disait Lacordaire, entre le fort et le faible, c‘est la liberté qui opprime et la loi qui libère ;

Nous demandons aux responsables politiques de légiférer afin que dès la rentrée scolaire prochaine, tous les signes convictionnels soient interdits, tant pour les élèves que pour les enseignants.
Les atermoiements n’ont que trop duré. Le débat a été trop longtemps confisqué par des activistes qui se profilent comme les représentants auto-proclamés de leur prétendue communauté.
La laïcité, l’égalité et la mixité sont les fondements du vivre ensemble. Aujourd’hui, nous sommes là pour les défendre et appeler les politiques à les défendre avec nous."